Le monde médite (2)

Suite de mes aventures dans le monde de la méditation… déjà le nôtre ? C’est un peu la question – avec celle du « monde » et de l’attitude du méditant, guidé par la folle sagesse de Chögyam Trungpa.

Des Marines à Goldman Sachs : méditation sans limite ? 

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« Au coeur de la tourmente », le livre de 1990 où Kabat-Zinn détaille son programme de pleine conscience. Traduit en français chez de Boeck

J’ai parlé du « Mindfulness Movement » : en Amérique du Nord, l’engouement pour la méditation déborde largement le cadre clinique et s’empare de tous les secteurs de la société. La pleine conscience a fait depuis une dizaine d’année son entrée à l’école — avec pour bilan une baisse des incivilités, et de meilleurs résultats scolaires ! Elle a aidé de nombreux sportifs, de Novak Djokovic, dans le feu de l’actualité tennistique, aux footballeurs de Seattle remportant pour la première fois le Superbowl 2013 à la suite de séances de yoga et de méditation. Elle vient offrir ses ressources aux détenus dans les prisons : voyez du côté du Prison Mindfulness Institute, qui a aussi sa maison d’édition.

Il n’y aurait là rien que de fort sympathique, si les effluves de la potion n’avaient attiré des acteurs privés aux desseins plus discutables. Google a fait figure de pionnier en lançant en 2007 le projet Search Inside Yourself sous la houlette du drôle Chade-Meng Tan, le M. Bonheur de la multinationale. L’organisation « à but non lucratif » propose d’apporter la paix dans les entreprises, voire « dans le monde », grâce une approche « basée sur la science du cerveau ». Dans la vidéo de présentation du site américain, les mots d’ « empathie », « paix intérieure », « intelligence émotionnelle », « compassion », « bonheur », « bien-être », déclinés par des patrons et des universitaires, forment un irrésistible (?) gazouillis en faveur un monde du travail plus zen… et surtout plus performant. Le site français est explicite puisqu’il s’agit de « renforce(r) l’impact managérial, l’efficacité de la communication et l’impact des dirigeants et managers ». Des séminaires « publics » sont aussi organisés, comme en avril dernier à Paris : moyennant quelque 1194 euros par personne, le quidam pouvait s’initier aux bienfaits de la méditation made in Google… pendant 2 jours. Les géants du net comme eBay, Twitter ou Facebook ont emboîté le pas et proposent des séances de mindfulness à leurs salariés, tout comme des mastodontes plus « classiques » : General Motors, Ford, Xerox, IBM, chez nous Danone ou Areva — mais aussi, de façon plus inattendue, Goldman Sachs, Bank of America ou Axa.

Commentant l’arrivée de la pleine conscience en entreprises, un bloggeur de ‘The Economist’ se demande si celle-ci devra accompagner le capitalisme du XXIe siècle comme l’ascèse protestante l’avait lancé sur les rails au XVIIIe (selon la célèbre thèse de Max Weber). Cette vaste entreprise de récupération, parfois nommée « Mc Mindfulness », fait grincer des dents du côté des bouddhistes et des amis de la méditation. Plusieurs niveaux de critiques sont possibles : on peut s’interroger sur le business de la pleine conscience proprement dit, son statut d’objet commercial et la possibilité de s’enrichir avec. Sur les valeurs des institutions, financières ou militaires (1), qui la promeuvent, en contradiction avec ce qui constituerait l’éthique bouddhiste. Sur des programmes pour managers qui, à coups de bienveillance et de communication, visent à huiler les rouages de multinationales déjà surpuissantes dans le contexte économique mondial. Plus généralement, on peut pointer le paradoxe que constitue l’usage de la méditation comme outil au service de la productivité. En devenant pièce complémentaire (un bon prétexte pour « déconnecter » de temps en temps…) d’une société droguée au travail et à la croissance, en s’intégrant à la machinerie capitaliste, elle devient une part du problème plus qu’autre chose. Elle perd alors tout potentiel de subversion, et cette force qui nous porterait vers des modèles de vie moins égoïstes et matérialistes…

Je pense qu’on peut pratiquer la méditation, et en bénéficier, sans engagement bouddhiste explicite. Le fait qu’il s’agisse d’une pratique transversale à diverses traditions spirituelles (2) nous pousse à rechercher son unité et sa valeur au-delà de ces contextes. — Mais alors, il faut savoir à quoi s’attendre et surtout à quoi ne pas s’attendre. Actuellement, une pratique « light » et sympa signe pour tous les soucis, toutes les sectes et tous les commerces. L’urgence, pour les thérapeutes, serait plutôt de s’interroger sur les limites de la pleine conscience – qu’est-ce qu’elle ne peut pas promettre ? (3) Pour les philosophes, de s’entendre sur une définition fidèle à son esprit d’origine, qui lui assignerait du même coup quelques clauses d’usage…

Déception, discipline, compassion

Cheminant avec ceux qui ont tenté d’adapter cette pratique à l’Occident – Chögyam Trungpa, Fabrice Midal ou Jon Kabat-Zinn – le premier mot que nous rencontrerons sera déception.

« La science » nous apporte chaque jour de nouvelles preuves des bienfaits de la méditation. Tant mieux, si cela peut contribuer à prendre au sérieux cette pratique, et alléger la somme des souffrances de ce monde. On aurait tort, pourtant, de suspendre notre pratique à l’attente de résultats ou de performances quelconques. Chögyam Trungpa, maître bouddhiste de la lignée Kagyu, évoquait ces attentes inconsidérées au début du Mythe de la liberté :

Nous attendons des enseignements qu’ils résolvent tous nos problèmes; nous imaginons que nous allons disposer de moyens magiques pour nous occuper de nos dépressions, nos conduites agressives, nos blocages. Mais, à notre grande surprise, nous commençons à réaliser que rien de tel ne se prépare. il est très décevant de réaliser que l’on doit travailler sur soi-même et sur sa propre souffrance, plutôt que de dépendre d’un sauveur ou du pouvoir magique de techniques yogiques…

Une telle série de déceptions nous incite à abandonner l’ambition. Nous n’arrêtons pas de tomber, jusqu’à ce que nous touchions le sol, jusqu’à ce que nous entrions en relation avec la santé fondamentale de la terre. Nous devenons le plus bas du bas, le plus petit du petit, un grain de sable, parfaitement simple, sans espérances…

Nous avons entendu tant de promesses, écouté tant de descriptions séduisantes concernant toutes sortes d’endroits exotiques, vécu tant de rêves; mais, du point de vue du grain de sable, rien ne peut moins nous importer. Nous ne sommes qu’un atome de poussière au milieu de l’univers. Et, en même temps, notre situation, qui ne manque ni d’espace ni de beauté, offre prise au travail. En fait, cela nous invite, nous inspire. Si vous êtes un grain de sable, le reste de l’univers, tout l’espace, est vôtre, parce que vous n’obstruez rien, n’encombrez rien, ne possédez rien. Il y a une formidable ouverture. (p. 19)

Chögyam Trungpa (1939-1987) n’était pas un maître des plus conventionnels, mais par son style d’enseignement unique il a contribué à « planter la graine du bouddhisme dans le sol occidental »

Peut-être serez vous inspiré comme moi par ce texte qui évoque le dépouillement de l’ego. Nul besoin pourtant de recourir à un de ces termes philosophiquement chargés. Ce qui est fondamental ici est que la méditation n’est pas une médication, une technique pour réparer notre mental ou notre physique. Même pour ceux qui pratiqueraient en toute innocence spirituelle, il faut avant tout l’envisager comme une voie, où « le but à atteindre et la technique à employer coïncident » (p. 16). Une expérience à part entière, qui peut donner lieu à la surprise mais ne promet rien. Or, pour pouvoir être surpris, nous devons accepter d’être déçus, nous dit Trungpa. Déçus de ne pas arriver à méditer, face à l’agitation de notre esprit. Déçus que la méditation soit non seulement difficile, mais morne et ennuyeuse à ses débuts. Déçus de ne voir aucun effet sur des pathologies que nous définissons par avance (stress, angoisse, douleur). En nous donnant à l’instant présent, l’environnement, l’espace, n’espérons rien recevoir — rien de plus, ni rien de moins que le présent, l’environnement, l’espace.

Le second mot est discipline — bigre! à ce stade je sens que j’en aurai refroidi plus d’un! Cependant mon but n’est pas d’insister sur le temps minuté consacré à la méditation, ou la régularité de la pratique. Il s’agit plus fondamentalement de respecter l’exigence qui se loge au coeur de la méditation, de la respecter pour elle-même et non pour atteindre quelques fins extérieures à elle. Or, il semble qu’elle implique une transformation du rapport au temps.

L’idée fondamentale est que notre rapport au temps est névrotique, fait de nostalgie et d’ambition, d’espoirs et d’angoisses – avec en bonne place ici, l’espoir de passer à autre chose pour « faire ce qu’on a à faire ». La possibilité offerte ici est de mettre fin à ce cycle. Face au temps chronométrique, l’attitude du méditant est double : d’abord le prendre, fût-ce avec quelque violence – puisqu’il n’y a plus d’autres manières de le traiter aujourd’hui — ensuite de le perdre, littéralement.

« Elle est bien bonne, celle-là, perdre notre temps. Donnons du temps au temps. Qu’il soit perdu. créons du temps vierge, du temps non contaminé, du temps inaltéré par l’agression, la passion, la vitesse… Cela peut paraître fou, impraticable, mais il est très important de penser en ces termes. Bouddha l’a fait. Bouddha l’a fait il y a 2500 ans. Il s’est assis et il a perdu son temps. Et il nous a transmis la connaissance de ce que c’est que la meilleure chose à faire pour soi-même – perdre notre temps en restant assis. » (Ch. Trungpa, Le Chemin est le but, Points, p. 20)

Tentons d’atteindre ce point où le temps de l’horloge, comme délai, échéance, devient une notion abstraite. Ce point où se re-connaîtront aussi nos émotions sans qu’elles nous emportent. Ce point où le présent peut éclore et se déployer pour lui-même, dans toute sa richesse. Touchant le fond, nous toucherons aussi un élément solide, de l’ordre d’une confiance fondamentale. Les choses peuvent être réenvisagées à partir d’elle. — Et tout ceci ne se fera pas à coups de  « 5 minutes », dans notre langage l’équivalent de « rien ». En vérité, plus neuve est la pratique, plus longue devrait être l’installation dans la méditation.

Il faut parler enfin de compassion.

J’évoquais plus haut ces techniques spécifiques de « méditation compassionnelle ». Voilà qui sonne étrangement, en particulier dans un cadre scientifique moderne – la méditation tiendrait-elle donc d’une espèce de prière ? La première chose à rappeler ici est que la pratique ne s’adresse pas à un Dieu personnel capable d’intercéder pour nous. Elle n’est pas l’appel à un tiers, mais une « transformation de notre esprit » (selon l’expression de Matthieu Ricard), un affinement des outils affectifs et psychologiques utiles à la vie, une préparation à l’action compatissante. L’entraînement de compassion exprime donc le lien entre méditation et vie quotidienne, méditation et action.

Il reste que la méditation est de nos jours inévitablement rangée parmi les techniques de développement personnel, tournée vers soi, et qu’elle apparaît dans cet exemple tournée vers les autres. Or, cette objection fait fond sur un malentendu, comme à la rigueur, la distinction entre une méditation compassionnelle et toute autre forme. Car l‘expérience nous invite à dépasser cette dichotomie : moi / les autres. Dans la méditation nous sommes amenés à reconnaître et traiter avec distance nos pensées, nos sentiments et nos rêves. Le fait qu’ils soient nôtres perd de son caractère décisif. Et cette acuité sert à mieux communiquer avec les mouvements d’âme autour de nous. C’est pourquoi dans les séminaires de Trungpa — et au fil de l’écriture, je dois me reconnaître invinciblement gagné par son enseignement — la compassion est introduite tard, comme signe de l’entrée sur le mahayana, le « grand véhicule » ou la voie ouverte. Elle implique une adaptation aux situations qui dépend avant tout du rapport que nous avons à nous-mêmes. « Le problème ne consiste pas à s’ouvrir aux autres, écrit même Trungpa. Plus nous nous ouvrons à nous-mêmes, complètement et pleinement, et plus cette ouverture rayonne sur les autres. » (Pratique de la voie tibétaine, p. 223) La compassion en question est aussi éloignée de toute forme de sentimentalisme : si nous parvenons à aider les autres, ce sera sans « police d’assurance » sur notre territoire, sans donner par avance des gages de pureté de coeur. Mais en étant soi-même, laissant couler cette matière « organique » de la compassion qui pourra alors semer autour d’elle.

Les rapports entre méditation et compassion sont donc plus subtils qu’il n’y paraît. Plutôt que d’un sentiment il faudrait à mon avis plutôt parler d’une atmosphère de compassion (Trungpa dit clarté ou chaleur), capable d’envelopper et d’accueillir nos états mentaux, même et surtout négatifs, comme virtuellement aussi ceux des autres. Il semble, par ailleurs, difficile de rejeter l’idée que la méditation soit d’abord un outil en direction de l’individu — même si cela nous énerve, même si on voudrait une place à part pour elle, à distance du filon éditorial des livres sur le « bonheur ». Nier cette destination individuelle pour défendre une religion bouddhique en 2015, au sens social du terme, serait faire preuve d’un purisme sans lendemain ou très nettement se cacher derrière son petit doigt. Mais ce serait aussi contraire à l’esprit de la méditation, qui impose prioritairement un travail sur soi. Ce qui est vrai, c’est qu’elle est aussi bien plus que cela, et que la clarté / compassion qui en découle peut rayonner sur nos amis, nos collègues, nos rencontres…

Pratiquer : les quatre roues

Le Bouddha ne lévitait pas ; sa main droite touche la terre pour signifier l'illumination (huile sur toile, Tibet, 14e/15e s., coll. George Sheridan)

Le Bouddha ne lévitait pas ; sa main droite touche terre pour signifier l’illumination (peinture sur toile, Tibet, 14e/15e s., coll. George Sheridan)

La plupart des écoles proposent un entraînement graduel en pratiquant d’abord shamatha, l’exercice de la quiétude ou « repos dans le calme», puis vipashyana, la « vision éminente» (c’est du sanskrit). En lotus ou en tailleur, le dos droit, le menton rentré, shamatha consiste à fixer son attention sur un objet extérieur quelconque (bougie, bouddha, etc), intérieur (objet visualisé, souffle de la respiration) et d’ y revenir chaque fois qu’on y a été distrait par les circonstances ou ses propres pensées. Cette vigilance permet d’atteindre à une stabilité fixée par la concentration. Vipashyana s’appuie sur elle pour développer un regard vif et aigu sur le corps, ses sensations, les émotions et les contenus mentaux. Les expériences peuvent alors être combinées ou alternées.

Attention toutefois à ne pas perdre la tête dans une concentration trop fermée, trop exclusive.

« Lorsque vous dites à quelqu’un de maintenir un haut niveau de concentration, de se concentrer à 100% et de ne faire aucune erreur, cette personne devient stupide et elle est appelée à faire plus d’erreurs tellement elle est concentrée sur ce qu’elle fait. Il n’y a pas d’intervalle. Il n’y a pas d’espace pour s’ouvrir, pas de place pour communiquer avec le jeu de va-et-vient entre le point de référence de l’objet et celui du sujet. Aussi le Bouddha a-t-il très sagement conseillé de ne porter qu’une attention légère à la technique (cette méthode est mentionnée dans le Samadhiraja-sutra). Une concentration trop lourde sur la technique amène toute sortes sortes d’activités mentales, des frustrations, des fantasmes sexuels et agressifs de toutes sortes. Aussi tenez vous juste au bord de votre technique, avec juste 25% de concentration. Un autre 25% se détend, encore un autre 25% s’occupe d’entrer en amitié avec soi-même, et le dernier 25% se connecte à l’attente – votre esprit est ouvert à la possibilité que quelque chose arrive pendant la session de pratique. L’ensemble est complètement synchronisé. »

Ces quatre aspects de l’attention sont comparés dans le Samadhiraja-sutra aux quatre roues d’un chariot. Si vous n’avez que trois roues, il y aura une entrave pour le chariot comme pour le cheval. Si vous n’avez que deux roues, le chariot sera tellement lourd qu’il ne sera plus fonctionnel – le cheval devra porter toute la charge et tirer en même temps. Si, d’autre part, vous aviez cinq ou six roues à votre chariot, cela créerait une course cahoteuse et les passagers ne se sentiraient pas très à l’aise. Aussi le nombre de roues que nous devrions avoir sur notre chariot est de quatre, les quatre techniques de méditation : concentration, ouverture, attention, attente. Cela laisse beaucoup de place pour jouer. » (Le chemin est le but, p. 30)

***

Pour finir, j’ai remarqué que les articles sur la méditation, mêmes les plus « légers », faisaient des choix et philosophaient malgré eux, en maniant des notions telles que la conscience, l’attention et l’esprit. Ceci est encore plus vrai chez les maîtres, dont les déclarations peuvent se contredire parfois sur des détails. Et ces lignes qui sont celles d’un philosophe n’auront pas échappé à ce travers, ne sont pas parvenu à exposer « de façon neutre » la méditation. Cela n’a pas d’importance. Si la méditation doit nous ré-enseigner le silence, vers lui nous cheminons dans l’antre du langage aux échos déformants, obsédants, et ce chemin n’est jamais neutre philosophiquement. D’où le rôle des techniques, les plus simples possibles, pour s’encorder dans ce dédale, et des images qui nous miment une autre réalité – celle vers laquelle pourront s’avancer les étudiants de la psychologie bouddhiste (4). Fine fleur des spiritualités orientales, la méditation se relie très délicatement à ce terrain contemplatif et interrogatif face au réel, qui l’a vu naître. Infusant dans notre vie quotidienne, elle nous donne des outils pour mieux être avec les autres et traverser plus intensément les situations. 

Et pour ceux qui sont allés jusqu’au bout et chercheraient encore l’inspiration, cadeau : CE SPLENDIDE POEME DE RILKE.

+ d’infos

Centre Shambala de Paris, le bouddhisme de Chögyam Trungpa Rimpoche

L’Ecole occidentale de méditation, fondée par Fabrice Midal

Association pour le développement de la Mindfulness

Association pour la méditation dans l’enseignement

Le Mythe de la liberté, Seuil, 1979 : un des plus beaux livres de Ch. Trungpa

Notes

(1) Comme nous l’apprend cet article, les soldats américains reçoivent des entraînement de mindfulness pour faire face aux situations stressantes, et prévenir la dépression au retour des missions… Par contraste, le bouddhisme condamne clairement la violence et la guerre d’agression ; mais il y eut des exceptions, comme au Japon où certaines écoles zen (Rinzaï) ont entraîné les samouraïs à garder le sang froid.

(2) Je pense surtout aux différentes formes du bouddhisme, même si certains voient dans l’oraison silencieuse pratiquée dans certains ordres chrétiens une similitude avec la méditation. Le fait que le dharma a déjà muté en passant de l’Inde à la Chine, au Japon, puis de la Chine au Tibet interdit toute forme de purisme et invite à penser un bouddhisme pour l’Occident. Fabrice Midal, par ailleurs biographe de Trungpa, a consacré un livre à la question : Quel bouddhisme pour l’Occident ?, Seuil, 2006.

(3) Comme le dit joliment Willoughby Britton, neurobiologiste à l’université de Brown aux USA: « Lorsque une chose paraît bonne à régler tous les problèmes, il est peut-être temps de s’asseoir et méditer un peu là-dessus »  (citée dans l’enquête de Marie Sykes Wylie). Britton semble, par ailleurs, avoir été une des premières scientifiques à explorer la « face cachée de la méditation » : les expériences négatives (hallucinations, spasmes, réapparition de traumatisme…) auxquels la méditation peut donner lieu chez les novices. Signalées dans les textes bouddhistes, elles avaient tendance à être passées sous silence par les études.

(4) Dans la recherche d’une forme d’inconditionné ou d’absolu, on peut aussi rapprocher la méditation des exercices du courant de la « phénoménologie » au tournant du 20e siècle : « épochè » chez Husserl ou expérience de la « durée pure » chez Bergson.

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2 réflexions sur “Le monde médite (2)

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